Narra est un projet de recherche sur les textes littéraires / La lettre et le nombre

Narra propose une approche renouvelée des textes littéraires. Narra s’appuie sur la scansion qui résulte de la longueur successive des chapitres et des paragraphes. Il ne s’agit donc pas ici d’en étudier l’histoire mais de mettre au jour en un instant, par les arts visuels, sa composition, sa pulsation, son flux.

À la marge de la science

Narra est un projet de recherche en humanités numériques ayant pour objet d’étude les textes littéraires avec une approche singulière qui consiste ne  s’occuper que la longueur des chapitres et des paragraphes, lesquels ont été mesurés donnant ainsi une suite de nombres ou matrice.
Cette recherche vise à découvrir si une loi mathématique gouverne les compositions écrites des grands auteur-es, à l’instar de la fréquence des mots des textes et des motifs rythmiques des compositions musicales occidentales qui suivent la loi de Zipf ou de Mandelbrot .
Elle appréhende un texte littéraire comme une partition écrite constituée de chapitres et de paragraphes entrecoupés de blancs. Elle l’appréhende par son rythme, son battement, propre à l’histoire mais aussi à l’auteur et, peut-être, à une époque ou un genre littéraire.
Le répertoire par auteur a été créé afin de visualiser en un regard les caractéristiques  d’un récit et d’un auteur, sans en lire l’histoire. Il permet aussi d’effectuer des comparaisons.

À  la marge des arts visuels

Narra est aussi un processus de création qui comprend plusieurs oeuvres visuelles réalisées à partir d’une matrice constituée de la longueur successives des chapitres et/ou des paragraphes. La plupart des oeuvres sont géométriques, froides, dénuées d’expression personnelle ; les formes et les couleurs y sont un langage.  Elles sont tout en surface, de la même façon que je suis partie de la surface visuelle du texte entrecoupée de blancs que forment les chapitres et les paragraphes. L’oeuvre écrite se métamorphose ainsi en oeuvres plastiques et numériques.
Mais la surface révèle bien plus qu’on ne le dit, à condition d’y prêter quelque attention. Les oeuvres visuelles permettent de voir en un instant les temps forts et faibles, les pauses et les accents de l’oeuvre écrite.
Elles font basculer le regard vers une autre perception du texte, vers son rythme, sa pulsation, son battement, souvent éludés pour le sens. Elles sont diverses pour un même sujet qu’elles transcrivent, à savoir une oeuvre écrite.